Le zéro déchet : et après?

Réflexion

• 7 mai 2020

Par Laure Caillot, experte zéro déchet et collaboratrice au Défi Zéro déchet

Adopter un mode de vie zéro déchet vous amènera à poser un autre regard sur l’ensemble de vos habitudes. Refuser et réduire : il s’agit des deux premiers réflexes à adopter pour débuter une transition vers le zéro déchet et poser de premiers gestes concrets de réduction à la source.

Au fil des semaines, des mois, après chacun des petits gestes que intégrez, développez, vos récentes ambitions écoresponsables deviennent de nouvelles habitudes de votre quotidien. Refuser un sac en plastique, acheter en vrac, fabriquer vos produits ménagers sont autant de petits gestes qui vous rendent fièr.e.s et qui témoignent de votre chemin parcouru dans cette transition.

Concilier zéro déchet et mesures sanitaires

Et puis un jour, un grand bouleversement s’immisce dans nos vies. La situation vécue durant cette pandémie de la Covid-19 vous fera peut-être douter ou remettre en question vos habitudes afin de les concilier avec les nouvelles mesures sanitaires édictées. Cette crise pourra venir remettre en question ces habitudes ou susciter des questionnements. Est-ce que je peux continuer d’acheter encore en vrac de manière sécuritaire ? Vous n’êtes pas seul.e.s à vous poser cette question. De nombreux.euses citoyen.ne.s s’interrogent aussi depuis des semaines comme le rappelle l’Observatoire de la consommation responsable dans ses vigies hebdomadaires.

Ce sentiment mêlé est induit par la peur. Plusieurs expert.e.s québécois.e.s du stress humain expliquent chaque semaine que cette peur, inconnue à cette échelle, émerge d’un mécanisme de défense naturel. Il est donc tout à fait normal que vos limites personnelles fluctuent ces derniers temps. Pourtant, vous pourriez être rassurés d’apprendre que le MAPAQ n’a pas déconseillé l’achat d’aliments en vrac : les normes de salubrité pour les magasins de vrac sont considérées comme adaptées à la situation actuelle. En fait, vous pourriez même être surpris.e.s de découvrir que nos commerces de vrac ont même bonifié leurs pratiques pour offrir un espace sécuritaire à leur clientèle. Comme dans toute transition, la situation que nous vivons actuellement, nous demande de l’adaptation dans toutes les sphères de notre vie. Et c’est bien normal.

La résilience

Et si vous profitiez de ce nouveau paradigme pour envisager que le zéro déchet puisse être une belle porte d’entrée vers une société plus résiliente? Une résilience qui peut se construire directement dans nos quartiers. Avouons qu’au sortir de la crise, nous serons heureux.se.s de voir que nos commerces de proximité sont toujours présents. Privilégier des produits québécois est une première réflexion à mener. Sans vous en rendre compte, votre boulangère est probablement une voisine que vous encouragez chaque semaine. Une commerçante qui s’est adaptée avec beaucoup d’efforts, en très peu de temps, pour que vous puissiez continuer à acheter ses produits tout en respectant les mesures sanitaires.

Réutiliser est sûrement l’un des R que j’aime le plus dans le zéro déchet. Si on se fait livrer une épicerie sans contact sur le pas de la porte, pourquoi ne pourrions-nous pas continuer à acheter de seconde main et donner une deuxième vie à de nombreux objets qui n’attendent que nous ? Vous pourriez peut-être trouver cette poêle en fonte ou cette machine à espresso dont vous rêvez depuis si longtemps ? Vous pourriez simplement appliquer une quarantaine de quelques jours à vos trouvailles dans un endroit adapté de votre logement et, surtout, bien vous laver les mains en rentrant chez vous. En fait, en quoi acheter un produit neuf et touché par plusieurs personnes avant vous serait plus sécuritaire qu’un produit usager et manipulé par d’autres ? Le risque est le même et les mesures sanitaires demeurent les mêmes ! 

Enfin, vous allez peut-être aussi vous rendre compte que tous ces objets ou biens que vous aviez dans votre liste de souhaits ne sont peut-être plus si nécessaires et ne changeraient peut-être pas tant que ça votre quotidien. Le fameux « En ai-je vraiment besoin ? ». C’est le moment tout indiqué pour vous poser la question! Peut-être que vous rayerez ainsi quelques lignes de votre liste et constaterez que la vie peut être plus agréable avec moins de biens en notre possession !

Alors, et si le zéro déchet n’était finalement qu’une étape sur le parcours de la résilience ?

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