Comment échapper à l’écoblanchiment?

Environnement, Réflexion

• 31 mars 2021

Dès qu’un mouvement devient populaire, inévitablement, les entreprises et le marketing s’y intéressent dans l’objectif de vendre plus. Ce qui peut devenir contre-productif lorsque le mouvement en question vise une réduction de nos déchets et de notre impact sur l’environnement. C’est pourquoi, dans cet article, on jase d’écoblanchiment (Greenwashing)! 

La plupart d’entre nous ont bien conscience de cette pratique puisque nous y faisons face régulièrement lorsque nous devons choisir des produits dans une démarche de réduction de notre impact environnemental. En voici tout de même une petite définition du Larousse : 

«Utilisation fallacieuse d’arguments faisant état de bonnes pratiques écologiques dans des opérations de marketing ou de communication.»

Avant d’aller plus loin, clarifions un peu : les entreprises qui vous offrent des produits ou des services dits écologiques ne font pas toutes usage d’écoblanchiment. Plusieurs mettent réellement en place des processus, des chaînes d’approvisionnement — courtes de préférences — et des produits plus doux pour l’environnement. Cependant, d’autres entreprises utilisent un certain langage pour nous faire croire que leurs produits sont écologiques… dans le seul but d’en vendre plus. La ligne entre ces deux types d’entreprises n’est pas claire et tranchée. Elle est remplie de nuances entre les meilleures et les pires pratiques. 

Le mouvement zéro déchet ne fait pas exception à cette règle, même si son mantra est de refuser ce dont nous n’avons pas besoin et de réduire notre consommation. Il suffit de taper les termes «zéro déchet» dans un moteur de recherche pour y voir apparaître une panoplie d’objets réutilisables que vous pouvez acheter en ligne ou dans un commerce près de chez vous. 

Comment échapper à l’écoblanchiment?

Une autre de ces questions sans réponse définie. Mais voici quelques trucs et astuces pour tenter d’y voir plus clair. 

Posez des questions. Une entreprise ayant de réels processus respectueux de l’environnement se fera un plaisir de vous en parler et sera transparente sur ses sources d’approvisionnement. Si la réponse est opaque, il y a des chances que vous ayez votre réponse.

Favoriser les petites entreprises locales. En plus d’encourager notre économie et de réduire l’impact du transport des produits, vous aurez aussi la chance de discuter directement avec l’entrepreneur ou l’entrepreneuse qui pourra facilement répondre à vos questions. 

Ne vous laissez pas berner par certains termes accrocheurs. Certains mots sont utilisés en marketing pour donner une impression d’aura verte. Mais très peu d’entre eux sont réellement certifiés. Ainsi, aucune garantie n’est offerte aux acheteurs et acheteuses. En voici quelques exemples :

  • Zéro déchet : Eh non! Ces termes ne sont pas protégés. D’ailleurs, si vous voyez la mention « zéro déchet » sur un emballage à usage unique, ceci est un piège! 😉 
  • Vert : Ce n’est qu’une couleur! Aucune garantie que l’entreprise ait réellement des processus écologiques. 
  • Naturel : Autre terme sans signification protégée. Au sens large, le pétrole peut être considéré comme naturel. 
  • Biodégradable : Ce dernier est plus délicat. Une matière biodégradable va se dégrader dans l’environnement. À terme, tout est dégradable. Une feuille morte, du plastique, des produits toxiques. Les questions importantes sont en combien de temps et avec quel impact sur l’environnement? 
  • Recyclable : Un autre cas de nuances importantes. Une matière peut être recyclable, mais pas recyclée dans les faits. Le plastique en est un excellent exemple. Il est recyclable, mais très peu recyclé pour le moment. Et le petit pourcentage de plastique recyclé perd de la qualité dans le processus de recyclage et, donc, finira dans un site d’enfouissement, un incinérateur ou dans la nature à terme. Qu’une matière soit recyclable n’est pas garant de son aspect écologique. 

Toute cette réflexion sur l’écoblanchiment nous ramène donc aux 4 R de base pour nous aider dans nos choix :

  1. Refuser ce dont on n’a pas besoin
  2. Réduire ce dont on a besoin
  3. Réutiliser ce qu’on a déjà
  4. Revaloriser grâce au recyclage et au compostage (en dernier recours!)

Et revenez au concept de base du mode vie zéro déchet : Faire de son mieux… puis lâcher prise!

Sur le même sujet

Le zéro déchet : et après?
Réflexion

Le zéro déchet : et après?

Par Laure Caillot, experte zéro déchet et collaboratrice au Défi Zéro déchet Adopter un mode de vie...

Lire la suite
En savoir plus sur le Zéro Déchet
Références utiles

En savoir plus sur le Zéro Déchet

Puisque d’autres ont déjà entamé une transition vers un mode de vie zéro déchet, il est intéressant...

Lire la suite