3e Défi Zéro déchet : petits gestes, grandes réussites

50 foyers, Témoignage

• 2 juillet 2021

Pour une troisième année, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a offert à 50 ménages du quartier un accompagnement de cinq mois afin de réduire leur empreinte écologique. Nous sommes allés à la rencontre d’un jeune couple et d’une mère de famille qui ont relevé le Défi Zéro déchet afin qu’ils nous racontent leur expérience.

David Beghin et Estelle Villemain

Au moment de débuter le Défi Zéro déchet, David Beghin et Estelle Villemain avaient posé de petits gestes, mais souhaitaient en faire davantage pour réduire leur empreinte écologique. David était consterné par l’emballage des céréales et des salades préparées, alors qu’Estelle a ressenti le même malaise face à la compote de pommes et aux soupes prêtes à consommer, vendues dans des contenants multicouches.

Katia Belisle

Récemment arrivée dans le quartier avec ses trois plus jeunes enfants, Katia Belisle a appris l’existence du Défi Zéro déchet en lisant les publications de l’Arrondissement. Elle avait éliminé depuis un bon moment certains produits à usage unique et était déjà sensibilisée au gaspillage alimentaire. L’idée d’être accompagnée à pousser l’exercice plus loin lui a plu.

Prêt, pas prêt, on réduit les déchets!

Une des mesures pour évaluer la situation de départ est la pesée des déchets, des matières recyclables et des résidus alimentaires.

Katia a grandement réduit ses déchets en utilisant des couches lavables pour son bébé Isaac. Depuis novembre, les couches lavables ont permis de détourner 1600 couches jetables de l’enfouissement. Elle s’est fixé comme autre objectif de diminuer le gaspillage alimentaire. 

Estelle et David ont quant à eux concentré leurs efforts à composter et à réduire l’achat de produits suremballés.

Adopter de nouveaux réflexes

C’est en ouvrant leurs armoires et en analysant leur contenu qu’Estelle et David ont été encore plus attristés par l’ampleur du suremballage. En faisant une liste, ils ont identifié des solutions possibles et ont progressivement migré vers le vrac. « Une épicerie bio a ouvert à deux pas de notre logement et nous y avons découvert la plupart des aliments dont nous avions besoin en vrac, même le lait et la crème! »

Le couple a aussi beaucoup appris lors d’un atelier virtuel offert dans le cadre du Défi, avec le chef Guillaume Cantin de La Transformerie. « Ça nous a aidés à mieux utiliser nos aliments avant qu’ils ne soient périmés et ainsi réduire nos résidus alimentaires. »

L’accompagnement des intervenantes du Défi Zéro déchet, de la coopérative Incita, les a beaucoup aidés, tout comme les rencontres Zoom mensuelles et les échanges de trucs entre les participants dans le groupe Facebook. Pour eux, cette solidarité était une source de motivation. 

Katia et ses enfants se sont également sentis bien appuyés. « Dès le début de l’exercice les intervenantes nous ont aidés à trouver des améliorations réalistes qui cadrent avec notre mode de vie, sans culpabilisation. »

Katia dit avoir pris encore plus consciente de l’importance de réduire à la source et a développé de nouveaux réflexes : congeler plus vite des aliments, afin de limiter les risques de gaspillage, remplacer des produits nettoyants chimiques par du vinaigre auquel on ajoute des pelures d’agrumes pour laver les planchers. Les sacs à sandwich, sacs à fromage et couvre-plats en silicone réutilisables ont diminué les achats.

Double défi

En plus de relever le Défi Zéro déchet, les foyers participants de cette troisième édition avait un autre défi de taille à relever, celui de la pandémie de COVID-19. Malgré les changements d’habitudes de consommation et les obstacles rencontrés dans certains commerces, 54 % des participants ont réduit l’ensemble de leurs matières résiduelles.

Estelle et David estiment d’ailleurs que le temps de transport gagné grâce au télétravail durant la pandémie leur a permis d’essayer de nouvelles recettes, de cuisiner plus. Par contre, relever le Défi à distance, sans échanges informels avec les autres participants, a demandé plus d’efforts pour rester mobiliser.

Katia ajoute qu’il faut du temps de recherche. L’installation d’un bidet a considérablement réduit l’achat de papier de toilette. Il faut aussi prendre le temps de tester : après l’essai des barres de shampoing, c’est finalement un shampoing liquide en vrac (en réutilisant ses contenants) qui répondra le mieux aux besoins. Enfin, sa volonté d’acheter local est parfois freinée par des prix plus élevés. De plus, pour sa famille qui se déplace principalement à pied, l’approvisionnement en vrac de grandes quantités est pour l’instant plus difficile.

Source de fierté

Son bébé étant passé aux couches réutilisables au début du Défi, le poids des déchets de Katia est resté sensiblement le même. Cependant, le gaspillage alimentaire, donc les résidus alimentaires, ainsi que le bac de recyclage ont diminué. « Ma plus grande découverte est probablement qu’avec un peu de débrouillardise et d’imagination, on peut trouver dans ce que l’on a quelque chose qui fera l’affaire. En regardant ses habitudes, ses contraintes, on apprend à respecter ses limites. Ça enlève de la pression et cette adaptation progressive pour réduire son empreinte écologique devient une source de fierté. J’ai démarré la collecte des résidus alimentaires dans mon immeuble et j’étais si fière le jour où j’ai constaté que des voisins avaient embarqué! »

Alors qu’avant Estelle et David participaient aux collectes hebdomadaires, ils placent maintenant un sac d’ordures partiellement rempli aux cinq ou six semaines et un bac de recyclage aux trois ou quatre semaines. « Nous avons intégré le réflexe de nous questionner, de réduire à la source. Avant d’acheter quoi que ce soit, nous nous demandons, est-ce vraiment nécessaire? Pouvons-nous acheter sans emballage ou donner une deuxième vie à des objets? Nous réalisons que nous n’avons pas besoin de tant de choses. Maintenant, si un vêtement entre, un autre doit sortir! »

Faire au mieux sans culpabilité

Pour ces deux foyers, l’expérience s’avère positive et les aura amenés à se questionner sur les réels besoins, à agir sans viser la perfection. 

Katia poursuit sa démarche en incitant ses deux ainées à utiliser des produits d’hygiène féminine réutilisables. Quant à Estelle et David, ils entendent cuisiner des collations maison, pour remplacer les barres tendres emballées individuellement, trouver une option de rechange aux caissettes de clémentines et acheter du chocolat en vrac.

Envie vous aussi de tendre vers le zéro déchet? Voici quelques astuces pour bien réussir la transition.

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